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Le pape Urbain VIII (Maffeo Barberini)Enlarge image

Le pape Urbain VIII (Maffeo Barberini), v. 1632

Gian Lorenzo Bernini
Italie, 1598 - 1680
marbre
94,7 x 68,8 x 34,3 cm avec socle
Acheté en 1974
Musée des beaux-arts du Canada (nº 18086)

… Notre glorieux pape Urbain VIII, qui dans sa magnificence vous a placé sous sa protection,peut ressentir une fierté légitime du fait que vous, son serviteur et protégé, faites des miracles en faisant parler le marbre. Mais pourquoi devrais-je parler pour Sa Sainteté quand vous, ayant de vos mains transformé le marbre en Sa Sainteté elle-même, avez fait en sorte que sa personne en marbre exprime tout cela et bien plus encore. L’effigie est merveilleuse, d’une grande beauté et similitude; plus merveilleuse encore est la manière dont elle a été faite, avec grande facilité et rapidité - et sans voir le modèle, car ayant fait sa ressemblance à Rome, vous l’avez fait quand il était à Castel Gandolfo [la résidence d’été d’Urbain]. Étonnante est la variété des choses et des émotions, diverses en elles-mêmes, qui sont montrées là dans une consonance parfaite. Ce qui est extraordinaire est que dans le visage de Sa Sainteté, vous avez rendu vivants et exprimé de bien nombreux sentiments et aspects qui se repoussent mutuellement par nature, mais que, par votre art, vous avez harmonieusement réconciliés. Pendant dix ans, vous avez attentivement observé le visage de ce Prince éclairé, qui s’ouvre à vous non seulement par la joie de son expression, mais aussi par l’intimité de ses sentiments. Et dans votre imagination fulgurante, vous n’avez vu que l’harmonie qui vit à l’intérieur. Vous avez réussi à exprimer ces airs et ces attitudes que …vous avez trouvés les plus nobles dans ce visage. L’on est donc porté à voir ce portrait comme pensif mais rieur, doux mais majestueux, plein d’esprit et de gravité; il est bienveillant et il est vénérable. Cette image de Sa Sainteté est sans bras; mais par un léger mouvement de l’épaule droite qui fait remonter la mosette, ainsi que par la tête penchée de même que le front courbé, il indique clairement le geste fait à quelqu’un de se relever. Lelio Guidiccioni, lettre à Gian Lorenzo Bernini, 1633.

Provenance 

– encore en 1964
La famille Castelbarco Albani, Rome, Italie [1]

Collection anonyme, Zurich, Suisse [2]

en 1969 – 1973
« Établissement pour la Culture et Arts », Vaduz, Liechtenstein (Robert Leclerc, Genève, Suisse) [3]

12-1973 – 07-1974
Eugene V. Thaw (né en 1927), New York, NY, É.-U., et David Carritt (né en 1927), Londres, Angleterre, R.-U. (propriété conjointe), acheté de Robert Leclerc, Genève, Suisse [4]

1974 –
Musée des beaux-arts du Canada, acheté d’Eugene V. Thaw, New York [5]

Notes 

[1] Nul ne sait comment les Castelbarco Albani, une famille italienne distinguée d’origine albanaise, sont entrés en possession du buste d’Urbain II. On connaît les liens de plusieurs membres de la famille avec la papauté : p. ex. Carlo Albani était « Maestro di Camera » du cardinal Francesco Barberini, le neveu du pape Urbain VIII. Au 18e siècle, un des Castelbarco Albani devient Clément XI. Puisque la principale lignée romaine des Albani s’est éteinte, une lignée collatérale mène à la famille Castelbarco Albani, qui se considère son héritière directe.

Selon une déclaration de Carlo Castelbarco Albani (1926-2005) de Casciago en Italie, datée du 5 octobre 1974, sa famille a possédé le buste du pape Urbain VIII jusqu’à la fin des années 1960 [dossiers de documentation du MBAC]. Durant plusieurs années, son père, le prince Cesare Castelbarco Albani (décédé en 1972), a tenté sans succès de vendre le buste par l’entremise de son frère, le comte Francesco Castelbarco Albani, marchand d’antiquités de Milan. Francesco Castelbarco Albani conserve le buste jusqu’en 1964, lorsque le prince Cesare en reprend possession. Ce sera la dernière fois que Carlo Castelbarco Albani verra le marbre. En 1969, le prince Cesare lui montre un article de Rudolf Wittkower dans le Burlington Magazine, attribuant le buste à Bernini [Wittkower, Rudolf. « A New Bust of Pope Urban VIII by Bernini », Burlington Magazine, vol. 111, no 791 (février 1969) p. 60]. À cette occasion, son père lui dit qu’il avait vendu le buste à un marchand d’art de Genève sans connaître son attribution [dossier de documentation du MBAC].

[2] Voir note [4].

[3] Voir note [4].

[4] Dans une déclaration faite à Londres, le 11 octobre 1974, David Carritt prétend avoir fait l’achat du buste d’Urbain VIII après Noël 1973 en propriété conjointe avec Eugene V. Thaw de New York, de Robert Leclerc de Genève. Ce banquier et marchand d’art suisse disait en avoir fait l’acquisition à la fin des années 1960. Selon Carritt, Leclerc avait indiqué l’avoir acheté d’une banque à Zurich. Leclerc était associé à l’Établissement pour la Culture et Arts de Vaduz au Liechtenstein [facture du marchand, datée du 11 juillet 1974, dossier de documentation du MBAC].

[5] Formulaire d’acquisition du Musée des beaux-arts du Canada, daté du 12 juillet 1974 [dossier de documentation du MBAC].

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