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La tentation de saint AntoineEnlarge image

La tentation de saint Antoine, 1501-1550

Hieronymus Bosch, Disciple de
Pays-Bas, 1450 - 1516
huile sur chêne
26 x 19,4 cm
Don de Mme Victor Lynch-Staunton, 1983, à la mémoire de son mari
Musée des beaux-arts du Canada (nº 28287)

En quête d’une vie de pénitence et de contemplation, saint Antoine s’est retiré dans la nature pour être aussitôt attaqué par le démon. Il est assis au centre, figure solitaire isolée des démons qui le menacent et le tentent – inversions fantastiques de l’ordre de la création divine. Devant lui émerge de l’eau une belle sorcière, pendant que des démons assaillent son ermitage comme s’il s’agissait d’une forteresse, avec machine de guerre et escalade des murs. La bataille est perdue, le bâtiment est envahi; quant à Antoine, il résistera toujours à la tentation. Bosch est célèbre pour ses images cauchemardesques et la sagacité visuelle de ses créatures. Il construit ces assemblages hybrides d’êtres et d’objets selon une étrange logique parfois difficile à saisir, mais qui reste néanmoins plausible.

Provenance 

Collection privée, Espagne (?) [1]

de 1926-12 – 1941-07

Friedrich Bernhard Eugen Gutmann (1886-1944), Heemstede, Pays-Bas, achetée d’une collection privée en Espagne [2]

1941-07 – 1964-06-24

Walter Bareiss (1919-2007), New York, É.-U. [2]

1964-06-24 – 1983-12-12

Victor et Jeanne Lynch-Staunton, Nashville (Ontario) et Lavaltrie (Québec), Canada [3]

1983-12-12 –
Musée des beaux-arts du Canada, offerte à titre de don à la mémoire de son époux par Jeanne Lynch-Staunton (décédée en 1983) [4]

Notes 

[1] Selon Max Friedlä nder, Friedrich Gutmann fait l’acquisition de La tentation de saint Antoine d’une collection espagnole [Friedlä nder, Max. Die Altniederlä ndische Malerei, Berlin, Paul Cassirer, 1927, vol. 5, p. 150].

[2] Voir note [1]. Friedrich (« Fritz ») Gutmann, benjamin d’Eugen Gutmann, le fondateur de la « Banque Dresdner » en Allemangne, est un banquier et un collectionneur juif allemand bien connu. Résidant de Hollande, il en obtient la citoyenneté en 1924. À la fin de 1926, Gutmann prête ce tableau à une exposition du Musée Frans Hals d’Haarlem [Privately owned Old Masters, Frans Hals Museum, Haarlem, du 18 décembre 1926 au 15 janvier 1927, voir lettre de Nico Vriend, archiviste de Noord-Hollands, du 11 janvier 2008, dossier de documentation du MBAC], et de nouveau en 1936 au Musée Boymans de Rotterdam [Jeroen Bosch. Noord-Neederlandsche Primitieven, Rotterdam, Musée Boymans, du 10 juillet au 15 octobre 1936, cat. no 55]. La dépression économique mondiale met en péril la fortune de Gutman dans les années 1930 et il vend des œuvres majeures de sa vaste collection. En 1942, dans une lettre à sa fille, Lili Gutmann, il l’informe avoir envoyé le « Bosch » avec d’autres œuvres de sa collection au marchand de New-York, Frederic A. Stern. Le frère de Lili, Bernard Goodman, reçoit une note de Stern, le 26 septembre 1945 : [traduction] « En octobre 1938 et avant septembre 1939, il [votre regretté père] m’a fait livrer pour les vendre en son nom cinq objets... » Comme « objet no 2 », Stern indique : « 1 tableau : La tentation de saint Antoine par Bosch... durant le mois de juillet 1942, l’objet 2 ci-dessus [le Bosch] a été vendu au prix convenu de 11 000 $. » [Trienens, Howard J. Landscape with Smokestacks. The Case of the Allegedly Plundered Degas, Evanston, Illinois,Northwestern University Press, 2000, p. 39 et note en bas de page no 7]. L’acheteur du tableau est Walter Bareiss. En 1943, Friedrich Gutmann et son épouse Louise sont déportés en Allemagne. Les deux périssent durant l’Holocauste.

[2] Voir note [1]. Le Suisse américain Walter Bareiss est un homme d’affaires et un collectionneur avide. Du 31 janvier 1950 au 1er mai 1952, Bareiss prête La tentation de saint Antoine au Cleveland Museum of Art, É.-U. [lettre datée du 15 juillet 1964, de Henry S. Francis, conservateur des peintures et estampes du Cleveland Museum of Art, à M. Victor Lynch-Staunton, dossier de documentation du MBAC]. En 1952, le tableau est envoyé en Suisse pour être exposé à Schaffhausen, la ville natale de Bareiss [Einunddreissig Gemä lde des 15. bis 18. Jahrhunderts aus einer Privatsammlung, Schaffhausen, Museum zu Allerheiligen, de septembre à novembre 1952, cat. no 7]. En 1964, Bareiss le vend chez Sotheby’s de Londres [Important old Master Paintings, Sotheby's, Londres, le 24 juin 1964, lot no 120]. Le marchand londonien, Frank Partridge, fait l’acquisition de l’œuvre au nom de Victor Lynch-Staunton et de son épouse Jeanne.

[3] Voir note [2]. Jeanne Lynch-Staunton offre le tableau au MBAC comme don à la mémoire de son regretté époux.

[4] Registre des acquisitions [dossier de documentation du MBAC].

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