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Collections

VénusEnlarge image

Vénus, v. 1518

Cranach, Lucas (l'aîné)
Allemagne, 1472 - 1553
huile sur tilleul
178 x 71 cm
Acheté en 1953
Musée des beaux-arts du Canada (nº 6087)

Le corps pâle et sculptural de Vénus, déesse romaine de l'amour, se détache sur un fond sombre qui le met en valeur. Son type physique, les bijoux et le voile transparent sont caractéristiques de Cranach, au même titre que la signature - le petit serpent ailé en bas, à gauche. Chez lui, cependant, le jeune Cupidon accompagne habituellement sa mère Vénus, alors qu'ici Cranach la représente seule, resplendissante et sensuelle.

Provenance 

en 1870
Collection von Zehmen, châ teau Schleinitz, près de Meissen, Allemagne [1]

Collection von Friesen, châ teau Schleinitz [2]

– v. 1919
Comtesse von Friesen-Miltitz, Meissen, Allemagne, par voie de succession [3]

en 1919 – 1924-11-20

Jacques Goudstikker (1897-1940), Amsterdam, Pays-Bas, achetée de la comtesse von Friesen-Miltitz [4]

1924-11-20 – 1940-06

Ernst Paul Caesar Heinrich Proehl (1885-1973), Amsterdam, achetée de Jacques Goudstikker [5]

1940-06 – 1945-05

Reichsmarschall Hermann Wilhelm Göring (1893-1946), Allemagne, vente forcée d’Ernst Proehl [6]

1945-05 – 1945-10-20

Point de rassemblement central à Munich de la U.S. Army’s Monuments, Fine Arts and Archives (MFA&A), Munich, Allemagne, récupérée à Berchtesgaden, Allemagne [7]

1945-10-20 – 1952-02-05

Stichting Nederlandsch Kunstbezit (SNK), La Haye, Pays-Bas, restituée du Point de rassemblement central de Munich [8]

1952-02-05 – 1952-09-20

Ernst Proehl, Amsterdam, restituée du Dutch Bureau Herstelbetalings- en Recuperatiegoederen [9]

1952-09-20 – 1953-03

E.J. Van Wisselingh & Co., Amsterdam, achetée d’Ernst Proehl [10]

1953-03

Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa, Canada, achetée d’E.J. Van Wisselingh & Co. [11]

Notes 

[1] Christian Schuchardt donne une description détaillée du tableau lorsqu’il écrit, en 1870, qu’il a récemment découvert l’œuvre dans la collection de M. von Zehmen au châ teau Schleinitz près de Meissen. Il attribue l’œuvre à Lucas Cranach le Jeune [Schuchardt, Christian. Lucas Cranach des Ä ltern Leben und Werke, Leipzig, Brockhaus, 1851-1871, partie III, 1870, p. 88]. Le châ teau Schleinitz a été la propriété de la famille von Zehmen de 1773 jusqu’en 1906, quand il est passé à la famille Von Friesen.

[2] Voir notes [1] et [3].

[3] Dans un catalogue de 1919, le marchand hollandais, Jacques Goudstikker, indique « la comtesse von Friesen-Hiltitz, descendante de Jean le Pacifique de Saxon », comme la première propriétaire du tableau [Catalogus van de Collectie Goudstikker, Amsterdam 1919-1920, no 21]. Il fait évidemment une faute d’orthographe dans le nom de la famille von Friesen-Miltitz, qui réside au châ teau Siebeneichen près de Meissen depuis 1550. Au moins deux autres tableaux attribués à l’école de Cranach appartiennent à la famille de 1851 à 1935. Comme la Vénus du MBAC, ils font également partie de la collection du Reichsmarschall Hermann Göring, de 1938 à 1945 [von zur Mü hlen, Ilse. Die Kunstsammlung Hermann Görings, Munich, Bayerische Staatsgemä ldesammlungen, 2004, p. 121, 247, voir également note [5].

[4] Le tableau est inclus dans un catalogue de 1919 du marchand hollandais, Jacques Goudstikker [voir note 1]. Dans une lettre au MBAC, datée du 14 avril 1952, Peter Eilers d’E.J. Van Wisselingh & Co., Amsterdam, note que le tableau a été vendu par Goudstikker le 20 novembre 1924 à un banquier juif d’Amsterdam. Dans une lettre ultérieure au MBAC, datée du 23 septembre 1952, Eilers identifie l’acheteur comme Ernst Proehl [dossier de documentation du MBAC].

[5] Voir note [3]. Ernst Proehl est un banquier hollandais d’origine allemande. En 1937, l’œuvre, Vénus, est exposée à Berlin et, en 1938, elle est présentée au Museum Boymans de Rotterdam [Lucas Cranach d. Ä ltere und Lucas Cranach d. Jü ngere, Berlin, Deutsches Museum, d’avril à juin 1937, p. 66, cat. no 72; Meesterwerken uit vier Eeuwen. 1400 - 1800, Rotterdam, Museum Boymans, du 25 juin au 15 octobre 1938, cat. no 26]. Dans les deux catalogues d’exposition, Proehl est mentionné comme propriétaire du tableau. Dans une lettre au directeur du MBAC, H.O. McCurry, datée du 23 septembre 1952, Peter Eilers écrit : [traduction] « M. Proehl m’a raconté l’histoire suivante, qui vous intéressera. Quand la toile a été exposée à l’exposition Cranach de Berline en 1937, Göring l’a vue. Il a demandé à M. Zimmermann, directeur du Kaiser-Friedrich-Museum et ami de Proehl, de lui demander s’il souhaitait la vendre. Proehl a refusé. Zimmermann a répété sa demande trois fois sans résultat. En 1939, le gouvernement des Pays-Bas a créé des abris dans les dunes pour ses trésors artistiques et la toile a été entreposée dans l’un de ces abris. Quand les Allemands ont envahi la Hollande en 1940, ils connaissaient évidemment ces abris. Göring avait maintenant sa chance et, en juin 1940, Proehl a été forcé de la lui vendre. » [Dossier de documentation du MBAC].

[6] Dans le compte rendu d’interrogatoire consolidé de la collection Göring de l’OSS Art Looting Investigation Unit, on trouve une description détaillée des circonstances du transfert de la Vénus de Proehl à Goering : [traduction] « Hofer négociait avec Frau Proehl pour l’achat de cette toile depuis plusieurs mois. Il n’avait pu parvenir à une entente, bien que Frau Proehl ait promis que la toile irait à Göring si jamais elle la vendait. En fin de compte, quand Miedl eut vent des difficultés, il déclara qu’il obtiendrait la toile sur le champ en parlant à Proehl comme homme d’affaires. Il remplit sa promesse. La toile fut incluse dans le premier contrat important de Goudstikker. Voir ci-dessous. Le paiement fut effectué en obligations et, selon Hofer, en permettant à Proehl de participer à certains des contrats d’affaires de Miedl. C’est un autre cas où Miedl a été appelé à " parler comme un homme d’affaires " à un collectionneur qui se montrait lent à vendre une œuvre d’art. Si l’on prend le cas Renders (voir ci-dessus, Belgique), où la pression exercée est prouvée, comme point de comparaison, alors on peut dire qu’à cette occasion aussi, Miedl était chargé de faire la basse besogne et de forcer la main d’une manière ou d’une autre. » [Compte rendu d’interrogatoire consolidé no 2, « La collection Goering », septembre 1945, par l’Office of Strategic Services (OSS) Art Looting Investigation Unit, p. 69, dans OSS Art Looting Investigation Unit Reports, 1945-1946, National Archives and Records Administration, Washington DC, É.-U., 2001, microfilm (M1782)]. Dans le rapport, on indique également qu’Alois Miedl et Walter Andreas Hofer, les principaux acheteurs d’art de Göring, ont payé la Vénus 75 000 florins. Plus tard cette même année, la toile est transportée à Berlin depuis l’établissement de Miedl à Amsterdam, avec 600 autres tableaux de la collection Goudstikker [Compte rendu d’interrogatoire consolidé no 2, « La collection Goering », septembre 1945, p. 71].

Avec plusieurs œuvres d’art de Cranach, Göring expose Vénus à Carinhall, sa maison de campagne au nord-est de Berlin, où elle porte le numéro d’inventaire, RM [Reichsmarschall] no 457. Peu avant la capitulation de l’Allemagne en avril 1945, la toile est évacuée de Carinhall avec le reste de la collection et envoyée, par le châ teau Veldenstein de Göring, à sa retraite alpine de Berchtesgaden. La toile figure dans une liste intitulée, « Bilder aus Kurfü rst nach Veldenstein » [peintures de Kurfü rst à Veldenstein], au no 132, Grosse Venus mit Schleier ' von Proehl [Grande Vénus avec un voile ' de Proehl], NARA, renseignements aimablement fournis par Nancy Yeide, chef, Département des dossiers de documentation, National Gallery of Art, Washington DC, courriel, daté du 8 août 2007, dossier de documentation du MBAC].

[7] La Vénus réapparaît en mai 1945 dans deux photographies où elle est appuyée contre un mur et qui montrent Walter Andreas Hofer ' qui travaille maintenant pour les Forces américaines ' examinant des piles de tableaux de grands maîtres [photographie datée de mai 1945, archives photographiques, Imperial War Museum, Londres, publiée dans « High Art and National Socialism, Part I. The Linz Museum as Ideological Arena », Monika Ginzkey Puloy dans Journal of the History of Collections, vol. 8, no 2, 1996, Oxford University Press, p. 207, et une photographie non datée, conservée aux Archives nationales de Washington DC, publiée dans Haase, Gunther. Die Kunstsammlung des Reichsmarschalls Hermann Göring. Eine Dokumentation, Berlin 2000, p. 168]. Confisquée, la collection de Göring a été entreposée et inventoriée par les membres de l’Armée américaine à Unterstein, près de Berchtesgaden. La liste d’inventaire comprend une Vénus de Cranach de la collection Proehl, Amsterdam, et ses dimensions correspondent à celles du tableau du MBAC. [Howe, Thomas C. et Harry V. Anderson, 101e Airborne Army Division, APO 472, É.-U., Inventory and receipt of Hermann Göring’s art collection, The Hermann Göring Art Museum, Unterstein, Berchtesgaden, Allemagne. Le 4 août 1945, copié dans Haase, G., p. 270-306, p. 274]. La toile est envoyée au Point de rassemblement central de Munich où on l’inventorie sou le no 5261 [NARA, copie d’une notice d’inventaire de Munich, probablement fournie par Nancy Yeide]. Le 20 octobre 1945, elle est renvoyée aux Pays-Bas [renseignements aimablement fournis par Nancy Yeide, courriel, daté du 8 août 2007, dossier de documentation du MBAC].

[8] Le SNK, un organisme hollandais, responsable de récupérer les œuvres d’art pillées aux Pays-Bas durant la Seconde Guerre mondiale, a conservé un dossier sur Ernst Proehl (archives SNK, no 164), qui contient de la correspondance entre Proehl et le SNK. Selon ces documents, Ernst Proehl a demandé la restitution de la Vénus de Cranach, le 15 octobre 1945, en déclarant que la vente de l’œuvre à Hermann Göring avait été forcée. La toile est demeurée sous la protection du Rijksmuseum d’Amsterdam jusqu’en 1951, puis a été exposée au Maurithshuis de La Haye. La restitution de la Vénus à Proehl a été approuvée par le Bureau Herstelbetalings- en Recuperatiegoerderen, le 5 février 1952 [lettre de J. Jolles à Ernst Proehl, dossier de documentation du MBAC]. Proehl a été obligé de payer 75 327,50 florins à l’organisme, qui correspondait en gros au montant que Göring l’avait payée en 1939 [facture datée du 1er octobre 1952, adressée à Ernst Proehl par le Bureau Herstelbetalings- en Recuperatiegoerderen, dossier de documentation du MBAC. Voir également note [4].

[9] Voir note [8]. En septembre 1952, le Mauritshuis remet la toile à Pieter Eilers de Van Wisselingh & Co., qui est autorisé par Ernst Proehl [lettre du Bureau Herstelbetalings- en Recuperatiegoerderen à Gravenhage, directeur du Mauritshuis, datée du 20 septembre 1952, dossier de documentation du MBAC].

[10] Voir note [9].

[11] Le MBAC a acheté la toile en mars 1953 d’E.J. Van Wisselingh & Co. [registre des acquisitions, dossier de documentation du MBAC].

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