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Jeff Wall

1946 -

"Au cinéma, vous ne penseriez pas qu’un film réaliste est moins cinématographique qu’une comédie musicale. Tous deux font partie du cinéma. C’est la même chose pour mon travail, il y a différents genres auxquels je m’intéresse et je passe de l’un à l’autre."

Jeff Wall

Jeff Wall est surtout connu pour ses grands transparents photographiques, installés dans des boîtes et rétro-éclairées par des fluorescents. Réagissant à une période dominée par l’art abstrait, il a cherché une nouvelle expressivité conceptuelle. Narration et sujet retrouvent statut dans sa pratique.

Wall étudie l’histoire de l’art pour enrichir sa pratique artistique et, en 1970, quitte Vancouver pour faire un doctorat en histoire de l’art à l’Institut Courtauld de Londres. Ses antécédents universitaires sont apparents dans ses œuvres qui font d’évidentes allusions à l’histoire de l’art, mais Wall déclare qu’il s’intéresse davantage à la création de mises en scène photographiques de la vie moderne qu’à l’évocation de tableaux bien connus. Wall reconnaît l’influence de Baudelaire, un auteur français du XIXe siècle, qui souhaitait voir une peinture de la vie moderne qui montrent les rues de Paris plutôt que les grands thèmes de l’histoire. Dans cet esprit, Wall décide de s’approprier, comme moyen artistique de représentation de la vie contemporaine, les publicités rétro-éclairées qu’il voit dans des abribus.

Ses photographies sont le résultat d’une planification détaillée et de répétitions et de séances de photographie qui durent plusieurs journées, parfois des mois. Il joue avec la notion que chaque photographie contient implicitement ce qui précède le moment décrit et ce qui survient par la suite. Il prétend que l’œuvre d’art qui n’a qu’une signification évidente est ou ennuyante ou publicitaire, et que le bon art doit être beau pour retenir l’attention du spectateur.

La chambre détruite (1978) est le premier transparent géant rétro-éclairé publiquement exposé dans une boîte à éclairage fluorescent. L’œuvre montre un décor similaire à ceux créés pour le cinéma ou le théâtre, mais détruit pour la seule fin de la mise en scène photographique. Les trous dans le mur, le mobilier renversé et les objets lancés sur le plancher ressemblent à un pillage désordonné. Toutefois, la figurine de porcelaine toujours debout sur le dessus de la commode crevée rappelle la disposition soigneuse de chaque élément dans la photographie. Wall nous laisse imaginer les événements qui ont conduit à cette scène. Dans Le pique-nique des vampires (1991), un autre grand transparent rétro-éclairé dans une boîte à éclairage fluorescent, Wall crée une allégorie de la ville empiétant sur la campagne. Les vampires se réunissent là où la nature est détruite et meurt. Pour les vampires, un pique-nique, comme toutes leurs activités, doit avoir lieu la nuit. L’artiste perçoit un côté comique dans cette œuvre qui conjugue de manière bien improbable pique-nique et vampires.

Les photographies de Jeff Wall sont collectionnées et exposées dans le monde entier. Il vit à Vancouver, où il consacre son temps à la création artistique et à l’écriture.

Jeff Wall

Nom à la naissance

Jeff Wall

Né Canada: Colombie-Britannique, Vancouver, le 29 septembre 1946

Nationalité

Canada

Audioguide

Aucun audioguide

Média

Stéréo parle d’isolement. (0 min 55 sec)

Le fantastique opposé au réalisme. (0 min 58 sec)

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