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Gerhard Richter

1932 -

«J’ai simplement copié les photographies en peinture et visé la plus grande ressemblance possible à la photographie. J’ai donc évité les coups de pinceau et j’ai peint le plus d’uniformité dont j’étais capable. Des éléments comme la surexposition et le flou s’y sont retrouvés sans que j’y pense, mais c’est donc qu’ils influençaient de manière décisive l’atmosphère des tableaux.»

- Gerhard Richter

Gerhard Richter étudie la peinture à la Kunstakademie de Dresde. Durant l’après-guerre, de 1951 à 1956, il travaille comme muraliste en Allemagne de l’Est. En 1961, il déménage en Allemagne de l’Ouest pour poursuivre ses études au Kunstakademie de Düsseldorf. Il y suit les cours du peintre Karl Otto Götz, un représentant allemand important de l’art informel. Après l’obtention de son diplôme en 1963, Richter devient actif dans le monde de l’art contemporain de Cologne et de Düsseldorf, où il découvre les dernières tendances en art : le pop art américain et britannique, et le mouvement Fluxus. Inspiré par celles-ci, Richter et Konrad Lueg, un camarade artiste de l’école, organise, le 11 octobre 1963, un événement d’un jour intitulé Démonstration à l’appui du réalisme capitaliste. Ils s’exposent eux-mêmes et du mobilier sur des piédestaux en tant qu’œuvres d’art dans un grand magasin de Düsseldorf.

Malgré les éléments d’art conceptuel et de performance de cet événement, Richter s’est toujours considéré comme un peintre. En 1962, il entreprend une exploration systématique de ce médium. Il délaisse les préoccupations traditionnelles pour le sujet et la composition, et se concentre exclusivement sur le processus de l’application de la peinture à la surface comme moyen de transmettre de l’information et aussi comme force expressive.

Il commence à peindre des copies agrandies de photographies en noir et blanc, et se limite aux gris. Il choisit ses sujets parmi une variété de sources : les images des quotidiens et des livres dont il incorpore parfois les légendes; des photos instantanées privées; des vues aériennes de villes et de montagnes, et des paysages de mer. Richter utilise ces photographies comme points de départ et non comme images à copier.

En misant sur cette source « ready-made », Richter donne à ses tableaux une objectivité qui, à son avis, manque à l’art abstrait de l’époque. Ses tableaux ont une allure décontractée, leur sujet est sans importance et ils n’ont aucune prétention artistique. Les images floues et indistinctes qui émergent au fil de leur transformation par l’application de couches épaisses de peinture à l’huile les libèrent de leurs associations et de leurs significations traditionnelles. On les considère donc comme des peintures pures.

En 1969, Richter réalise le premier d’un groupe de monochromes gris qui s’attardent aux textures créées par les diverses méthodes d’application de la peinture. Dès 1966, il avait réalisé des tableaux basés sur des assortiments de couleurs en utilisant les rectangles de couleurs dans une variété illimitée de nuances. Cette série culmine en 1973-1974 par un groupe d’images grand format où la peinture est réduite à son essence. Bien que ces tableaux, tout comme ceux basés sur les photographies, dépendent toujours d’une image existante, tout ce qui en reste, c’est la présence de la couleur, la matière fondamentale de tout tableau.

En 1976, Richter semble avoir abandonné toute trace de sujet. Il commence à travailler avec des couleurs vives et de larges touches expressionnistes comme dans Diffus 1986 (MBAC). Durant la même période, il peint des paysages de type conventionnel, inspirés de photographies.

L’extrême diversité du travail de Richter en fait une cible pour les critiques. Son refus de se limiter à un style cohérent est un acte conceptuel conscient qui le rend libre de poursuivre ses recherches sur les principes fondamentaux de la peinture. Peu intéressé par une évolution linéaire, il s’est ouvert à la possibilité d’adopter l’idiome le plus adapté à son but.

Lis 2003, une œuvre récente, est un exemple de son travail photoréaliste. C’est une nature morte représentant un bouquet de lis blancs dans un vase en verre disposé sur une table. Richter s’est souvent inspiré de sujets traditionnels.

Au fil des ans, son travail a reflété un vaste éventail d’influences, dont le pop, le minimalisme, l’abstraction, le néo-expressionnisme et le conceptualisme. Sévère critique de lui-même et de la pratique de l’art en général, Richter a réussi, en fait, à échapper à tous les « ismes ».

Gerhard Richter
©1981 Heinz Günter Mebusch Photographer & nowebmuseum

Nom à la naissance

Gerhard Richter

Né Allemagne: Dresde, le 09 février 1932

Nationalité

Allemagne

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