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Jeffrey Thomas

1956 -

« Mes aînés m´ont inculqué la fierté d´être Iroquois, m´apprenant avec leurs histoires et leurs mises en garde à ne jamais oublier d´où je venais. C´était le défi que je devais relever et j´étais résolu à ce que l´expression ?Iroquois urbain? ne puisse jamais être employée au sens péjoratif pour décrire mon indianité. » 2001

Jeffrey Thomas se définit lui-même comme un Iroquois urbain. Il est artiste photographe, conservateur et théoricien culturel. Sa démarche artistique consiste à donner un nouveau contexte à des images historiques d´Autochtones.

Thomas est né à Buffalo, dans l´État de New York. Il se souvient qu´enfant, il venait s´asseoir pour écouter ses aînés raconter des histoires, en ayant l´intime conviction qu´un jour lui aussi raconterait ses propres histoires. Cette occasion se présente après un grave accident de voiture, en 1979. Même s´il s´était essayé à la photographie alors qu´il préparait son diplôme d´études américaines à l´Université de New York, à Buffalo, c´est sa longue convalescence après cet accident qui le pousse à devenir photographe. « Quand j´ai commencé à faire mes photos, j´avais cette idée en tête ? raconter ma propre histoire. Je voulais me définir moi-même, tel que je me voyais, à savoir comme un Iroquois urbain. Je me souviens avoir cherché une définition de cette expression mais je n´en ai trouvé aucune, pour beaucoup de raisons. J´ai compris que non seulement il n´y avait jamais eu de photographes appartenant aux Premières Nations, mais aussi que le paysage urbain n´avait jamais été montré à travers l??il d´un Autochtone. À quoi ressemblerait ce paysage ? Que ferait un photographe autochtone ? Que photographierait-il ? » (2009). Lave-auto, Buffalo, New York, est un exemple des premiers travaux dans lequel Thomas montre le monde qui l´entoure.

Thomas quitte Buffalo pour Toronto en 1984. Si au début il pense être le seul et unique photographe autochtone au monde, ce sentiment d´isolement cède vite la place à l´esprit communautaire lorsqu´il découvre une organisation appelée l´Association des photographes indiens et inuits (soit la NIIPA; Native Indian/Inuit Photographers? Association). « C´était intéressant parce qu´en quelque sorte, nous mettions en marche un nouveau mouvement, nous cherchions à nous définir, nous discutions et nous prenions simplement conscience de n´être pas seuls et de tout ce que cela signifiait » (2009). C´est aussi à cette époque que Thomas prend un cliché spontané de son fils, Bear, qui va changer le cap de son travail artistique, Révolution de la culture, Toronto, Ontario/Two Moons - Cheyenne, 1910. Ce n´est qu´après avoir développé la photo que Thomas en comprend la puissance. L´image semble obliger le spectateur à comparer la représentation stéréotypée de l´Autochtone, telle qu´elle figure sur la casquette de Bear, avec celle du jeune garçon, citadin autochtone. Le graffiti sur le mur est presque comme un appel à l´action.

En 1986, Thomas s´installe à Winnipeg, au Manitoba. Sept ans plus tard, il emménage à Ottawa, en Ontario. Son installation dans la capitale du pays est motivée par le souhait de faire des recherches sur la manière dont les Autochtones sont représentés dans les archives officielles canadiennes. Par la suite, Thomas travaille pour les Archives nationales du Canada en élaborant des légendes appropriées afin de remplacer la terminologie désuète utilisée pour décrire la collection de photos sur les peuples autochtones. En 1996, il organise conjointement avec Edward Tompkins une exposition intitulée « Portraits d´Autochtones aux Archives nationales du Canada ».

Thomas continue à faire figurer son fils Bear dans ses œuvres pendant une bonne partie des années 1990. Ensuite, il change d´orientation et commence à montrer sur ses photos des figurines miniatures d´Autochtones, comme Le délégué visite Londres, Angleterre, King Street . La série dite du « Délégué » débouche sur celle intitulée « Scouting for Indians », pour laquelle Thomas scrute les villes, les monuments, les façades de bureaux et les bâtiments administratifs pour y trouver les représentations stéréotypées des Autochtones.

Thomas fait l´objet d´un film documentaire réalisé par Ali Kazimi et intitulé Shooting Indians en 1997. L´année suivante, il reçoit le Prix du duc et de la duchesse d´York en photographie, décerné par le Conseil des Arts du Canada. En 2003, il devient membre de l´Académie royale des arts du Canada.

Jeffrey Thomas
© par Justin Wonnacott

Nom à la naissance

Jeffrey Thomas

Né États-Unis: New York, Buffalo, 1956

Nationalité

États-Unis, Canada

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Média

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