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Francis Bacon

1909 - 1992

« L’art est une façon de dégager des zones de sentiment plutôt qu’illustrer simplement un objet... Je veux que mes tableaux aient l’air d’avoir vu passer entre eux un être humain à la manière d’un escargot, y laissant une traînée de présence humaine et un souvenir d’événements passés comme l’escargot laisse écouler sa bave. »

- 1964

Francis Bacon est l’un des peintres figuratifs les plus influents du XXe siècle. Par ses tableaux très personnels, surtout les portraits d’hommes de son époque, Bacon exprime un éventail étonnant d’émotions – vénération, horreur, dérision –, ce qui permet de penser que son obsession du sujet possède des racines psychologiques plus profondes. En dépit de la complexité et du mystère de son imagerie, ses tableaux ne possèdent pas de sens précis, mais ils « attrapent », comme il le dit, la réalité avec la plus grande intensité possible sans verser dans l’illustration.

Né de parents anglais, Bacon grandit en Irlande et arrive à Londres en 1925. Largement autodidacte, car de sévères crises d’asthme l’empêchent de fréquenter l’école, il lit beaucoup et fait preuve d’une grande indépendance d’esprit. En 1927, à l’âge de 17 ans, il quitte la maison pour passer huit semaines à Berlin avant de séjourner à Paris. Pour un an et demi, il visite les galeries parisiennes qui stimulent son intérêt pour la peinture. À compter de 1943, exempt du service militaire à cause de son asthme, Bacon se consacre à la peinture.

Durant sa première décennie comme peintre, de 1943 à 1953, il tire beaucoup d’information visuelle de la contemplation de photographies dont il orne son atelier – photos reportages, reproductions de grands maîtres, études scientifiques, notamment la figure humaine effectuant des action simples comme marcher, sauter, lutter, et des images d’animaux en mouvement du photographe du XIXe siècle, Edward Muybridge. Inspiré par Muybridge et sa pratique de photographier des séquences de mouvements, il réalise plusieurs séries de tableaux où un seul personnage est représenté dans des étapes successives. Se qualifiant de « pulvérisateur », il puise librement dans ces diverses sources à la recherche d’images capables de révéler une vérité plus profonde de l’être humain. Ses premières œuvres font de lui le peintre le plus controversé de l’Angleterre d’après-guerre.

À compter de 1953, Bacon commence à élaborer un style moins axé sur la distorsion et davantage centré sur des images de la vie contemporaine et, parfois, d’amis ou de connaissances. L’homme dans la série bleue est un sujet typique de cette période : un cadre assis devant des rideaux ou des stores vénitiens dans une pièce sombre d’un bleu outremer foncé, dont il brouille et fond délicatement la carnation avec l’arrière-plan maculé. Cette technique enlève parfois toute substance au personnage et le rend presque fantomatique.

Bacon avait la plus grande admiration pour la qualité picturale de l’œuvre du peintre espagnol Diego Vélasquez. Il admire son habileté à conjuguer grandeur et humanité dans ses portraits, particulièrement le portrait du Pape Innocent X, qui inspire plusieurs de ses tableaux, notamment Étude pour le portrait no 1, 1956. Dans ce vaste tableau où le fond noir semble engouffrer le pape, Bacon utilise les couleurs pour le déformer au point qu’il paraît surgi de nulle part. En outre, il y pratique la mise en séquence pour évoquer les traces du temps.

Bacon privilégie le grand triptyque où il dispose ses personnages derrière un cadre spatial, un moyen qu’il emploie souvent pour isoler ses personnages encore plus. Il utilise aussi cette bouche ouverte inspirée de l’image de la nourrice qui s’écrie dans le film d’Eisenstein, Le cuirassé Potemkine, ou de son livre d’occasion sur les maladies buccales, illustré de planches de bouches ouvertes et d’intérieurs buccaux qui le hantent et l’obsèdent tout à la fois durant presque toute sa vie.

Son œuvre tardive des années 1970 est intimement liée à sa vie personnelle. Il s’agit surtout d’autoportraits et de portraits de personnes qu’il connaît bien. Il choisit de peindre de mémoire ou à partir de photographies en raison de son processus qui, comme il le conçoit, implique de faire grande violence à l’image pour l’intensifier et il trouve plus facile de le faire en l’absence du modèle. Afin de rompre avec les pratiques habituelles et d’ouvrir de nouvelles possibilités, Bacon croit au hasard comme méthode, telle lancer la peinture sur la toile. Il voit dans ces processus une mise à risque qu’il associe à son amour des jeux d’argent, surtout la roulette.

Malgré la réputation qu’il acquiert plus tard dans sa vie, Bacon n’a jamais perdu sa capacité de surprendre ni sa volonté d’oser l’échec. Son goût de l’étrange ne se dément pas comme en témoignent ses derniers travaux.C’est à Londres en 1965 que l’Institute of Contemporary Art présente sa première rétrospective et que la Tale Gallery présente sa seconde en 1985-1986. Durant ces années, Bacon compte aussi plusieurs expositions solos internationales

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Nom à la naissance

Francis Bacon

Né Irlande: Dublin, le 28 octobre 1909

Décédé

Meurt Espagne: Madrid, le 28 avril 1992

Nationalité

Grande-Bretagne

Audioguide

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Média

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