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Photographies françaises du XIXe siècle du Musée des beaux-arts du Canada

Ottawa (Ontario) - 4 février, 2010

Du 5 février au 16 mai 2010
La photographie, nouveau moyen d’expression adopté par les artistes, surtout en France

Nulle part ailleurs que dans la France du XIXe siècle n’existait-il une telle concentration d’artistes expérimentés, soucieux de tester les possibilités du nouveau procédé de la photographie. Ces artistes ont adopté la photographie, et leurs expérimentations des techniques, formats et sujets variés n’ont connu aucun équivalent ailleurs dans le monde. En hommage à leur contribution à l’histoire de la photographie, le Musée des beaux-arts du (MBAC) présente Photographies françaises du XIXe siècle, une sélection d’œuvres de sa collection permanente, du 5 février au 16 mai 2010.

« L’engouement suscité par cette brillante nouvelle invention a transformé l’art à jamais », a indiqué le directeur du Musée des beaux-arts du Canada, Marc Mayer. « Les photographes français, dont un grand nombre étaient aussi des peintres et graveurs exercés, ont été des pionniers dans le développement de cette technique comme moyen d’expression. L’exposition met en lumière l’étendue et la profondeur de l’exceptionnelle collection de photographies françaises du XIXe siècle du Canada. »

Photographies françaises du XIXe siècle du Musée des beaux-arts du Canada présente plus de 100 œuvres d’une cinquantaine de photographes et rassemble portraits, paysages, nus, scènes de rue, architecture, archéologie et images de guerre. L’exposition rend compte des diverses techniques explorées par quelques-uns des plus grands praticiens du temps : daguerréotypes, épreuves sur papier salé et à l’albumine argentique, photogravure et épreuves à la gélatine argentique.

Traitement spécial pour pièces fragiles
Deux œuvres de l’exposition sont des albums reliés de photographies : de Félix Bonfils, Souvenirs d’Orient, Album pittoresque des sites, villes et ruines de la Terre-Sainte, 1878 et de Maxime Du Camp, Égypte, Nubie, Palestine et Syrie, 1852. En raison de leur fragilité, ces ouvrages seront exposés sous vitrine. Toutefois, grâce à la technologie interactive TouchSmart de HP Canada, les visiteurs pourront « feuilleter » des versions électroniques de ces albums sur un écran tactile multi-touch situé près des exemplaires originaux et vivre ainsi une expérience des plus riches. Le Musée des beaux-arts du Canada remercie HP Canada pour sa généreuse contribution qui a rendu possible cette expérience interactive.

Le daguerréotype
En janvier 1839, le gouvernement français annonce l’invention d’un nouveau procédé révolutionnaire pour produire des images. Le peintre et décorateur de théâtre Louis Jacques Mandé Daguerre utilise la camera obscura (principe optique remontant à la dynastie chinoise des Tang) pour réaliser des impressions réalistes de sujets sur des plaques de cuivre enduites de sels d’argent photosensibles. Avec ses subtiles gradations tonales et la précision de ses détails les plus infimes, le daguerréotype, du nom de son inventeur, obtiendra un succès instantané auprès d’un public d’adeptes enthousiastes à l’idée de posséder une représentation véritablement fidèle d’eux-mêmes et de leurs proches.

Contrairement à la photographie moderne, facile à reproduire, ces charmants petits objets n’étaient produits qu’en un seul exemplaire, les rendant ainsi précieux. Malgré des séances de pose interminables, où le sujet devait rester immobile durant cinq à vingt minutes, des millions de daguerréotypes seront produits durant les années 1840 et 1850 jusqu’à ce que ce procédé soit entièrement remplacé par la photographie sur papier. Parmi les précieux exemples exposés figurent le nu intime Académie, v. 1845, par Félix Jacques A. Moulin et Les buveurs de vin, v. 1852, d’A. Le Blondel.

Autres faits saillants de l’exposition
Charles Nègre, Ramoneurs en marche, épreuve sur papier salé, décembre 1851 – Nègre appartient à la première génération de peintres devenus photographes pour qui la photographie constitue simplement un autre moyen d’expression artistique. Le sujet de cette œuvre s’inscrit dans la tradition picturale qui consiste à représenter les métiers des rues de Paris sous un jour romantique et pittoresque. Nègre, qui concevait lui-même les objectifs de ses appareils, a été l’un des premiers photographes à capter le mouvement. Cette recherche, qui étonne les critiques d’art de l’époque, amènera l’un d’entre eux à déclarer que cette œuvre est comparable à un dessin de Rembrandt.

Maxime Du Camp, Colosse occidental du Spéos de Phré, Abou Simbel, Nubie, épreuve sur papier salé, après 1849, tiré en 1852 – Journaliste, romancier, poète et critique, Maxime Du Camp s’embarque pour l’Égypte en octobre 1849 avec son jeune ami Gustave Flaubert, romancier encore peu connu. Avant le départ, Du Camp s'est initié au procédé du négatif papier auprès de Gustave Le Gray car, dit-il, « dans mes précédents voyages, j'avais observé que je perdais un temps précieux à dessiner les monuments et les points de vue dont je désirais garder le souvenir; je dessinais lentement et de façon peu correcte ».

Gustave Le Gray, Grande vague - Sète, épreuve à l’albumine argentique, 1857 – Le Gray, à l’instar de Moulin et Nègre, fait partie d’un groupe d’artistes appelé l’École de Paris. Ces premiers maîtres prépareront le terreau fertile qui produira l’abondante moisson de la photographie française au XIXe siècle. Dans cette œuvre, où le statisme du quai contraste avec le mouvement indistinct de la crête de la lame de houle et des vagues déferlant sur la grève, la lutte entre les forces naturelles et artificielles est implicite.

Eugène Cuvelier, Forêt de Fontainebleau, épreuve sur papier salé, 1863 – C’est dans la forêt de Fontainebleau, où les artistes plantent côte à côte leurs chevalets et trépieds pour représenter la topographie variée du paysage que s’établira, durant les années 1850 et 1860, la plus étroite et stimulante relation entre peintres et photographes. Cuvelier était l’un de ces artistes.

Étienne Carjat, Charles Baudelaire, v. 1863, photoglypte, tiré en 1878 – L’écrivain français Charles Baudelaire est le poète français le plus illustre du XIXe siècle. Carjat nous offre ici l’un des portraits les plus vrais de l'histoire de la photographie, un chef-d’œuvre du portrait psychologique, l'image d'un homme amèrement désillusionné.

L’exposition s’achève avec le travail d’Eugène Atget. Atget est l’un des artistes français du XIXe siècle dont les découvertes allaient ouvrir la voie à certains des mouvements artistiques les plus importants du XXe siècle. Bien que sa carrière de photographe ait débuté vers la fin des années 1880 et se soit poursuivie jusqu’à sa mort, en 1927, ses images du XXe siècle peuvent être vues comme le prolongement des préoccupations des photographes du XIXe siècle.

CyberMuse
On peut visualiser des reproductions numériques des photographies susmentionnées ainsi que d’autres œuvres de la collection permanente du MBAC à Cybermuse, le site d’éducation du MBAC. Il suffit de saisir le nom de l’artiste dans l’outil de recherche.

Rencontre avec le conservateur
Le dimanche 7 mars,  à 14 h – Visitez l’exposition avec James Borcoman, conservateur émérite, MBAC. Compris avec le droit d’entrée au Musée. 

Catalogue
Un catalogue richement illustré, comportant un essai d’introduction du conservateur de l’exposition James Borcoman et des notices détaillées pour chaque photo accompagne l’exposition. La publication est en vente à la Librairie du MBAC ou en ligne au prix de 49 $.

À propos du Musée des beaux-arts du Canada
Le Musée des beaux-arts du Canada abrite la plus importante collection d’œuvres d’art historiques et contemporaines canadiennes au monde. En outre, il réunit une prestigieuse collection d’œuvres d’art indigène, occidental et européen du 14siècle au 21siècle, ainsi que d’art américain et asiatique, et de dessins et de photographies. Fondé en 1880, le MBAC compte parmi les plus anciennes institutions culturelles du pays. Fidèle à son mandat de rendre l’art canadien accessible partout au pays, il organise l’un des plus importants programmes d’expositions itinérantes au monde. 

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Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :

Marie Lugli
Agente principale intérimaire,
Relations publiques et médiatiques
Musée des beaux-arts du Canada
613-990-6835

Josée-Britanie Mallet
Gestionnaire intérimaire, Communications et relations publiques
Musée des beaux-arts du Canada
613-990-7081