1910s

SALUT AU « GROUPE » (VOUS SAVEZ DE QUEL GROUPE IL S’AGIT)

Désireux d’établir une collection audacieuse mettant en valeur l’art contemporain canadien, le directeur de la Galerie, Eric Brown, amorce l’immortalisation de Tom Thomson et du Groupe des Sept. Parmi ses autres initiatives, notons le premier catalogue, les premiers cours du samedi, le premier programme d’expositions ainsi qu’un déménagement dans un nouvel édifice que l’on surnomme alors « le château ». Un incendie sur la colline du Parlement viendra toutefois interrompre cette période d’exaltation.

Précédent Décennie | 1910 | 1911 | 1912 | 1913 | 1914 | 1916 | 1919 | Suivant Décennie >>

1910

Haut de la page
Eric Brown, 1910, Musée des beaux-arts du Canada Library and Archives, Ottawa

CHANGEMENTS IMPORTANTS

Eric Brown devient le premier conservateur à temps plein du Musée des beaux-arts du Canada. Les efforts soutenus qu’il déploiera pour équilibrer l’importance éducative et culturelle des grands maîtres avec son appui indéfectible à la production artistique contemporaine au Canada, en particulier l’œuvre de Tom Thomson et du Groupe des Sept, auront des retombées positives durables, tant pour le Musée que pour l’art canadien en général.

1911

Haut de la page

LOCAUX

Le Musée emménage dans trois étages du Musée commémoratif Victoria, alors nouvellement construit sur la rue Metcalfe. Il y cohabite avec le ministère des Mines et la Commission géologique du Canada. Surnommé « le château », cet édifice a été conçu par David Ewart, architecte en chef du Dominion, qui a voulu rendre hommage à la reine Victoria pour son règne de 64 années.

Quelque trois cents maçons écossais auraient été amenés au Canada pour travailler à la construction du bâtiment, laquelle débute en 1905 et s’achève en 1911. Il va sans dire qu’avec ses murs de pierre majestueux, ses tourelles aux quatre coins et ses fenêtres cintrées, l’édifice se distingue par sa splendeur et son caractère historique, contrairement à l’ancien emplacement du Musée. Comme le prédit le Globe and Mail en août 1910, « le nouveau et splendide musée national donnera aux œuvres canadiennes l’espace et la dignité qu’elles méritent ».

CHANGEMENTS IMPORTANTS

Eric Brown obtient des crédits annuels aux fins des acquisitions, met sur pied un programme d’échange et entreprend la tenue et la conservation systématiques des registres du Musée. Ces efforts entraîneront la nomination d’un archiviste et la création des Archives du Musée des beaux-arts.

COLLECTIONS

Le deuxième étage de l’édifice, la galerie d’art proprement dite, est destiné à exposer les œuvres originales de la collection, modeste mais grandissante, du Musée. À l’étage inférieur, une série d’arches portant toutes d’illustres titres tels que la Cour du Parthénon, la Salle des bustes et la Cour des madones pour représenter les diverses écoles d’art, invite le public à pénétrer dans des alcôves où se trouvent des reproductions de chefs-d’œuvre de la sculpture ancienne, médiévale et moderne. Selon Eric Brown, l’édifice a été conçu ainsi pour « instruire » et « charmer les fins connaisseurs, les amateurs d’art et le grand public ».

1912

Haut de la page
Eric Brown, 1912, Musée des beaux-arts du Canada Library and Archives, Ottawa

DIRECTEURS

Eric Brown devient le premier directeur du Musée des beaux-arts du Canada.

« Comme il n’est possible d’approfondir sa connaissance et sa compréhension de l’art qu’en établissant des comparaisons entre diverses œuvres, le Musée des beaux arts poursuit d’abord un mandat d’éducation », écrit M. Brown dans un article publié le 4 mai dans le Toronto Globe. « Outre nos propres tableaux canadiens, nous devons présenter les plus brillants exemples de la production artistique mondiale que nous puissions acquérir. C’est ainsi que nous pourrons évaluer notre mérite et la progression de nos efforts. »

CHANGEMENTS IMPORTANTS

Le public réagit favorablement au nouvel emplacement du Musée : la fréquentation augmente très rapidement, passant de 356 à 1 004 visiteurs en seulement six semaines pendant les mois de juillet et d’août.

Le Musée lance diverses initiatives – dont les cours d’art du samedi pour les enfants – qui deviendront un engagement à long terme envers les programmes éducatifs. En outre, M. Brown supervise la préparation du premier catalogue du Musée, qui comprend des notes biographiques sur chacun des artistes, et met sur pied un programme national de prêts, rendant ainsi la collection accessible aux autres établissements muséaux au Canada.

1913

Haut de la page
Loi de la Galerie Nationale du Canada

CHANGEMENTS IMPORTANTS

La première Loi de la Galerie Nationale du Canada, pilotée au Parlement par sir Edmund Walker, est finalement promulguée. Elle constitue la Galerie en personne morale chargée de dépenser les crédits annuels accordés par le gouvernement fédéral et confère à l’institution une certaine indépendance par rapport au ministère des Travaux publics et à l’Académie royale des arts du Canada.

Le Conseil consultatif des beaux-arts est remplacé par un conseil d’administration indépendant dont sir Edmund Walker est nommé président. Composé de trois membres, ce conseil a pour mission d’encourager le goût artistique de la population et l’intérêt du public pour les arts dans l’ensemble du Canada.

En reconnaissance de cet important progrès, le gouvernement accroît de manière substantielle ses crédits annuels, accordant à la Galerie la rondelette somme de 100 000 $ pour l’exercice 1913-1914. Selon Eric Brown, la loi adoptée en 1913 constitue « de loin l’événement le plus encourageant dans l’histoire de la Galerie nationale, puisqu’elle élargira considérablement la portée de l’institution en tant que catalyseur et partenaire des intérêts artistiques à l’échelle du Dominion. »

COLLECTIONS

La Galerie nationale se dote d’un registre des acquisitions pour documenter sa bibliothèque des arts, alors en activité, et commande pour celle ci un ex libris à Alfred H. Howard (1854-1916), membre de l’Académie royale des arts du Canada.

L’une des premières actions concertées de MM. Brown et Walker est l’achat d’eaux fortes d’artistes canadiens et d’une série de 17 estampes de grands maîtres. Ces nouvelles acquisitions formeront la base du département des estampes et des dessins.

MM. Brown et Walker collaborent également à l’achat d’œuvres de grands maîtres européens et de tableaux de peintres français des XIXe et XXe siècles.

EXPOSITIONS

Eric Brown élabore le programme d’expositions de la Galerie nationale. Les administrateurs de la Galerie, alors récemment constituée, décident que la meilleure façon de soutenir les artistes canadiens est d’acheter leurs œuvres. Ils conviennent aussi que le prêt est le moyen le plus efficace de faire valoir la qualité de ces dernières, d’en encourager l’acquisition par des particuliers et de favoriser l’établissement de sociétés artistiques publiques.

La Galerie nationale commence donc à confier des pièces de sa collection, pour une période déterminée, à toute société dont les installations conviennent à l’exposition de telles œuvres. L’établissement inaugure cette politique en décembre.

1914

Haut de la page
A.Y. Jackson, L’érable rouge, Novembre 1914, musées des beaux-arts du Canada , Ottawa, Courtoisie la succession de Dr. Naomi Jackson Groves

Photo © MBAC

COLLECTIONS

La Galerie achète L’érable rouge d’A. Y. Jackson, l’année même où l’artiste réalise ce tableau.

Malgré la résistance de l’Académie, MM. Brown et Walker encouragent volontiers le Groupe des Sept, première école nationale de peinture moderne. Ils s’engagent ainsi à acheter des œuvres contemporaines d’artistes canadiens et jettent les bases de ce qui deviendra une collection d’art canadien historique.

1916

Haut de la page
Catalogue d’exposition, City Art Museum, Saint Louis, Exhibition of paintings by Canadian artists, Series 1918 (No 5), Bibliothèque et Archives du Musées des beaux-arts du Canada, Ottawa

LOCAUX

Un incendie ayant ravagé l’édifice du Centre du Parlement, la Galerie doit quitter les locaux de l’Édifice commémoratif Victoria afin que les parlementaires puissent y tenir leurs réunions. Le personnel de la Galerie travaille de longues heures pour démonter les tableaux, les plâtres, les estampes et les sculptures et les ranger dans les locaux d’entreposage aménagés à la hâte dans le sous-sol du bâtiment.

CHANGEMENTS IMPORTANTS

La Galerie ferme ses portes au public jusqu’à ce que les travaux de construction des édifices du Parlement soient terminés, en 1921.

EXPOSITIONS

Eric Brown concentre ses efforts sur la création du programme national de prêt d’expositions de la Galerie, dans le cadre duquel chaque prêt comprend de 10 à 20 œuvres et dure une période déterminée.

Les demandes, qui proviennent de bibliothèques, de musées d’art en difficulté, de collèges provinciaux, d’écoles secondaires et de clubs privés de partout au pays, se mettent littéralement à pleuvoir. De 1916 à 1921, le Musée tiendra 94 expositions dans les villes suivantes : Halifax, St. John, Montréal, Sherbrooke, Toronto, Collingwood, Winnipeg, Moosejaw, Regina, Saskatoon, Edmonton, Fort William, Calgary, Brandon, Prince Albert, Port Arthur et Vancouver.

La collection ressort relativement indemne de ses nombreux périples et même d’une catastrophe à laquelle elle survit : en effet, lorsqu’une explosion survient dans une galerie d’art de Halifax et détruit le bâtiment lui-même, seulement trois des 33 lithographies qui ont été prêtées à la galerie et qui y sont exposées sont endommagées, ne subissant que quelques petites égratignures.

1919

Haut de la page

EXPOSITIONS

Le programme d’expositions itinérantes commence avec l’exposition Souvenirs de guerre, qui comprend des œuvres d’A. Y. Jackson, de David Milne, de Wyndham Lewis et de Paul Nash et est présentée à Montréal et à Toronto.