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Louise Bourgeois 1911-2010

Ottawa - 20 avril, 2011

Le Musée des beaux-arts du Canada tient une exposition en hommage à l’un des esprits créateurs les plus remarquables du siècle dernier. Du 21 avril 2011 au 18 mars 2012.

La remarquable carrière artistique de Louise Bourgeois, décédée en mai 2010 à l’âge de 98 ans, sera à l’honneur au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) à compter de demain. Le Musée rend hommage à l’artiste – qui se disait une femme française, mais une artiste américaine -, mieux connue pour sa majestueuse sculpture d’araignée en bronze Maman, qui accueille les visiteurs sur la plaza du MBAC, et dont ce dernier collectionne les œuvres depuis bientôt deux décennies. Louise Bourgeois 1911 – 2010 offre l’occasion aux regardeurs d’admirer plus de 20 sculptures et dessins importants créés par l’artiste entre 1949 et 2008. L’exposition est à l’affiche dans les galeries d’art contemporain
B109 et B105 jusqu’au 18 mars 2012.

« Louise Bourgeois est une grande figure de notre ère », a indiqué le directeur du MBAC, Marc Mayer. « L’exposition permettra à nos visiteurs d’explorer certaines des préoccupations esthétiques de cette artiste de génie. Nous sommes reconnaissants envers le Louise Bourgeois Trust, la fiducie de l’artiste, qui nous a généreusement prêté des sculptures de grande importance réalisées à ses tout débuts, de même que des œuvres magistrales de la fin de sa vie. »

Louise Bourgeois a connu une fabuleuse carrière qui a influencé de nombreux mouvements artistiques et culturels importants du XXe siècle – du surréalisme à l’expressionnisme abstrait, en passant par le minimalisme et le conceptualisme au féminisme. Cette présentation s’inspire de la première exposition individuelle de Bourgeois organisée en 1949 à la Peridot Gallery, à New York, et qui mettait en vedette les figures totémiques Personnages de l’artiste dans de petites pièces à l’atmosphère intimiste. Louise Bourgeois 1911-2010 rassemble 18 œuvres prêtées par le Louise Bourgeois Trust et 5 pièces importantes de la collection du MBAC. L’installation débute avec les fameux Personnages de bois, érigés à la mémoire d’êtres chers – famille et amis – perdus après que l’artiste ait immigré à New York en 1938 en compagnie de son époux, le défunt historien de l’art Robert Goldwater. L’un des plus célèbres personnages, Portrait de C.Y. (1947-49), fait partie de la collection du Musée. La dernière section de l’exposition présente une sélection des dessins tardifs à la gouache de l’artiste et six sculptures de vêtements de bronze de la série Écho, qui rappellent les dernières œuvres de l’artiste. Dans la salle B105, l’on retrouve Cellule (La dernière montée), une installation imposante acquise par le MBAC en 2010, qui se veut une ode à la vie de l’un des esprits les plus remarquablement créatifs du XXe siècle.

Le parcours de Louise Bourgeois 1911-2010 présente la série d’œuvres suivantes :

Personnages
Entre 1946 et 1955, Louise Bourgeois produit près de quatre-vingts sculptures connues comme étant ses Personnages. La plupart de ces monolithes effilés semblent en équilibre précaire. Ils ne peuvent se soutenir par eux-mêmes, reflétant la fragilité psychologique de l’artiste à cette époque. Lors de ses deux premières expositions individuelles de sculptures à la Peridot Gallery à New York, en 1949 et en 1950, Bourgeois dispose les structures totémiques en groupe. Assemblées directement au sol et conçues comme une installation environnementale, le spectateur pénètre dans un espace où il semble y avoir des individus discutant, dans un contexte social. Pour l’artiste, ces figures représentent la période où, en quittant l’Europe pour les États-Unis en 1938, elle a dû faire le deuil de ses amis et membres de sa famille laissés derrière elle. Bourgeois fit également des liens entre ces silhouettes autonomes et ses propres angoisses en tant qu’épouse, mère et jeune artiste : « Les monolithes sont absolument raides, durs comme de la glace – la raideur de quelqu’un qui a peur. Comme lorsqu’on dit : “il est glacé de peur”. Immobilisé par la peur. Figé. Toute une époque. »

Le début des années 1950 : Forêt (Night Garden) (1953) et Sans titre (1950)
Les Personnages de Louise Bourgeois ont évolué, allant de formes simples vers des structures plus complexes et d’éléments isolés vers des groupuscules. Dans les années 1950, Bourgeois évoque une forme de « souplesse » dans son travail : « il y a une espèce d’adoucissement qui venait de la douceur de mes enfants et de mon mari… J’ai eu l’audace de regarder autour de moi, de m’adoucir. Ne pas être nerveuse, ne pas être aussi tendue ». D’un point de vue esthétique, la rigidité des premières sculptures de bois fait place à un relâchement formel : plusieurs pièces sont amoncelées à la verticale et peuvent pivoter sur elles-mêmes, comme c’est le cas pour Sans titre (1950). Avec Forêt (Night Garden), elle crée un amas dense de morceaux de bois arrondis, assemblés sur une base unique, donnant une impression d’intimité. Elle décrit cette transition comme une manière de « passer de la rigidité à la malléabilité ». Vers la fin des années 1950, Bourgeois coule ses « personnages » en bronze, et elle travaillera tout au long de sa carrière le marbre, l’acier et d’autres métaux. Il n’en demeure pas moins que l’idée de la malléabilité préfigure son intérêt pour les liquides, le latex, les plastiques et diverses matières non traditionnelles qui font partie intégrante de sa production artistique dès les années 1960, et ce, jusqu’à son décès, en 2010.

Les dessins à ses tout débuts : Sans titre (1949) et Sans titre (1950)
Simples et élégants, les dessins à l’encre réalisés par Louise Bourgeois à la fin des années 1940 et dans les années 1950 se livrent à une exploration formelle en lien avec la trame textile. Les références au tissage et à la tapisserie sont récurrentes dans le travail de Bourgeois, dont les parents étaient propriétaires d’une entreprise de restauration de tapisseries où, enfant, elle passa beaucoup de temps. Comme d’autres œuvres de l’artiste, ces dessins louvoient entre l’abstraction et la figuration, entraînant le spectateur tantôt dans une réalité concrète, tantôt dans un environnement purement créatif. « Les dessins, dit-elle, sont des pensées-plumes, ce sont des idées que j’attrape au vol et que je mets sur le papier. Toutes mes pensées sont visuelles. »

Les dessins tardifs 2007
Jusqu’à son décès, le dessin demeura un aspect important de la pratique artistique de Louise Bourgeois. Certaines de ses œuvres tardives, notamment Le couple (2007) et La famille (2008), sont faites avec de la gouache rouge et évoquent avec intensité les liens entre époux et épouse, et entre mère et enfant. Pour l’artiste, le rouge n’est pas uniquement la couleur du sang, mais aussi celle de la passion, de l’agressivité et de la jalousie. Dans une entrevue datant de 1989, Bourgeois affirme : « J’ai trois repères. Il y a mes parents, mon expérience personnelle et puis il y a mes enfants. Les trois sont intimement liés. »

Écho (2007)
À compter du milieu des années 1990, Louise Bourgeois commence à intégrer ses propres vêtements à ses installations. Ses robes, chemisiers et autres morceaux vestimentaires ont été en contact avec son corps et conservent le souvenir des gens, des relations et des lieux. En 2007, elle entame une série de sculptures réalisées à l’aide de vieux habits étirés, décousus et reconfigurés, puis coulés en bronze et enduits de peinture blanche. Les qualités anthropomorphiques de ces sculptures font écho au caractère abstrait des émotions, comme l’évoquaient déjà ses « Personnages » des années 1940 et 1950. À propos des vêtements comme souvenirs, Bourgeois écrit : « Le temps, le temps passe, le temps fait oublier, le temps sépare. Qu’est-ce que le temps impose – poussière et désintégration ? Mes souvenirs m’aident à vivre le présent, et je veux les conserver. Je suis prisonnière de mes émotions. Tu dois raconter ton histoire, et tu dois l’oublier. Tu oublies et tu pardonnes. C’est libérateur. »

Cellule (La dernière montée) (2008)
Cette œuvre est la dernière sculpture d'une série de grande envergure de quelque vingt cellules créées par Bourgeois au cours des trois dernières décennies. Ces structures, encombrées de souvenirs de sa vie personnelle, tendent parfois à évoquer des sentiments liés à la mortalité, au délabrement, à l'enfermement, peurs qu'elle a traînées avec elle depuis l'enfance. Ici, Bourgeois semble avoir été capable de faire la paix avec ses angoisses. L'escalier en colimaçon, réchappé de son atelier de longue date de Brooklyn, s'élève à travers la structure et converge avec les sphères translucides « flottantes » vers la même ouverture. Une forme bleue ressemblant à une larme allongée en vol stationnaire à mi-hauteur de l'escalier représente l'artiste; tandis que les deux sphères de bois plus basses symbolisent les parents de celle-ci. Ouverte et éthérée, cette sculpture est moins en proie à une obsession de la souffrance qu'à la découverte spirituelle comme le reflet de la fatalité du temps et sa relation avec les événements du passée.

Commissaire de l’exposition
Conservateur adjoint de l’art contemporain au MBAC, Jonathan Shaughnessy est le commissaire de Louise Bourgeois 1911 – 2010. Récemment, il organisé et coordonné La Vie de la Pop : L’art dans un monde matérialiste et La vraie vie. Ron Mueck et Guy Ben Ner, dont la tournée canadienne vient de se terminer. Il a travaillé auprès de nombreux artistes canadiens et étrangers et joué un rôle prédominant dans l’acquisition récente par le Musée des beaux-arts du Canada de la sculpture monumentale Cellule : La dernière montée (2008) de Louise Bourgeois.

Rencontre avec le conservateur
Le vendredi 13 mai à midi, Jonathan Shaughnessy parlera de l’artiste et de son œuvre. En français. Dans la salle d’exposition. Compris avec le droit d’entrée au Musée.

Film
Projection du film Louise Bourgeois, The Spider, The Mistress and The Tangerine (2008), de Marion Cajori et Amei Wallach. 99 minutes. En anglais. Dans la Salle de conférence. Le jeudi 12 mai à 18 h, le vendredi 3 juin à midi, le vendredi 8 juillet à midi, le samedi 20 août à 14 h et le dimanche 25 septembre à 14 h. Entrée libre

Droits d’entrée
Compris avec le droit d’entrée à la collection du Musée. Les billets sont en vente dès maintenant au prix de 9 $ pour les adultes, 7 $ pour les aînés et les étudiants à temps plein, 4 $ pour les jeunes de 12 à 19 ans et 18 $ pour les familles (deux adultes et trois enfants). L’entrée est gratuite pour les enfants de 12 ans et moins et les Membres du Musée. Entrée libre les jeudis soirs de 17 h à 20 h.

Heures d’ouverture
Du 1er mai au 30 septembre : ouvert tous les jours de 10 h à 17 h et le jeudi jusqu'à 20 h. Du 1er octobre au 30 avril : ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 17 h et le jeudi jusqu’à 20 h. Fermé les lundis. Ouvert le jour de la Famille en Ontario, pendant la relâche scolaire de l'Ontario et du Québec, les dimanche et lundi de Pâques, le jour de l'Action de grâces, le jour du Souvenir à compter de midi, le lendemain de Noël et le 27 décembre ainsi que le 2 janvier 2012. Fermé le vendredi Saint, le jour de Noël et le jour de l'An.

À propos du Musée des beaux-arts du Canada
Le Musée des beaux-arts du Canada abrite la plus importante collection d’œuvres d’art historiques et contemporaines canadiennes au monde, notamment l’imposante collection du Musée canadien de la photographie contemporaine. En outre, il réunit la plus prestigieuse collection d’art européen du XIVe au XXIe siècle au Canada, d’importantes œuvres d’art américain, asiatique et indigène, ainsi qu’une collection mondialement réputée d’estampes, de dessins et de photographies. Fondé en 1880, le Musée des beaux-arts du Canada joue un rôle clé sur la scène culturelle canadienne depuis plus d’un siècle. L’une des ses principales missions consiste à accroître l’accès à l’excellence en matière d’œuvres d’art pour tous les Canadiens. Pour ce faire, il propose le plus important programme d’expositions d'art itinérantes au monde. Pour obtenir de plus amples renseignements, rendez-vous au www.beaux-arts.ca.

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Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :

Josée-Britanie Mallet
Agente principale, Relations publiques et médiatiques
Musée des beaux-arts du Canada
613-990-6835
bmallet@beaux-arts.ca

Claire Schofield
Gestionnaire, Communications et relations publiques
Musée des beaux-arts du Canada
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