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L'art autochtone contemporain au Canada


Comment chaque artiste aborde-t-il la peinture ?

Guido Molinari et Claude Tousignant faisaient tous deux partie des Plasticiens de Montréal. Les Plasticiens rejetaient l'accent mis sur la spontanéité et le mouvement, qui constituait le pilier de la peinture des années 1950. Ils préféraient encourager une approche plus rationnelle et plus structurée à l'égard de l'art. Ils ont été inspirés par le peintre néerlandais Piet Mondrian et, plus tard, par l'américain Barnett Newman. Ils voulaient créer des œuvres dénuées de toute illusion. Ils ont été appelés Plasticiens en raison de leur insistance rigoureuse sur les éléments « plastiques », les composants formels de l'œuvre. Le groupe s'est évertué à utiliser la couleur et les formes géométriques sous leurs aspects les plus purs et il a donc exploré les interactions visuelles fondées sur les contrastes des formes géométriques et des couleurs vives.

Les oeuvres Bi-sériel orange vert et Accélérateur chromatique sont toutes deux abstraites et ordonnancées, régies par une géométrie rigoureuse, dans laquelle rien n'est laissé au hasard. Les deux artistes ont utilisé la palette la plus vaste de couleurs ayant la durée de séchage la plus rapide grâce aux nouvelles peintures acryliques. En appliquant la peinture, ils ont obtenu une surface lisse, sans empâtement ni aspérité. Tous deux ont utilisé du ruban masque pour délimiter les contours, rendant ainsi les œuvres « hard-edge » et très planes. Ils considéraient leurs œuvres comme des objets et non comme des fenêtres s'ouvrant sur un espace tridimensionnel. Les deux œuvres célèbrent la puissance de la couleur, l'observation et la vision et reflètent la vie dans le temps présent.

La taille et la forme de chaque toile sont non conventionnelles. La nouvelle forme audacieuse adoptée par Tousignant, à savoir le cercle, se conforme à la notion selon laquelle l'œuvre est un objet en lui-même et pas uniquement le reflet de quelque chose d'autre. Les anneaux de couleur concentriques de l'œuvre circulaire créent un effet vibrant de couleurs lumineuses. Le but de Tousignant était de créer une œuvre vidée de toute « chose qui lui est étrangère ».

La perception est tout dans l'œuvre de grand format de Molinari. Celui-ci organise les bandes et répète les couleurs en séquences consciencieuses qui créent des rythmes ponctués.

D'un point de vue mathématique, les deux oeuvres divisent une aire en utilisant une division linéaire par la largeur. Ce qui importe particulièrement ici, c'est que bien que les divisions soient réalisées à la même distance tant pour le cercle que pour le rectangle, en étant morcelée en sections de largeur constante, l'aire varie pour le cercle mais reste constante pour le rectangle. Le choix de la répétition et de l'organisation des couleurs est beaucoup plus évident lorsque l'aire s'accroît avec la circonférence.