Enseignants Plans de cours

L'art autochtone contemporain au Canada


William Henry Fox Talbot, Échelle et porche, abbaye de Lacock, avril 1844 et Robin Collyer, Yonge Street, Willowdale, 1995

Comment chacun de ces artistes aborde-t-il la photographie ?

William Henry Fox Talbot et Robin Collyer subissent tous les deux l’influence de leur époque dans leur rapport à l’histoire de la photographie. Lorsque Talbot réalise cette œuvre en 1845, la photographie vient juste de naître. L’artiste célèbre la capacité de ce moyen d’expression à capter la nature dans tous ses détails, ajoutant à « la vérité et à la réalité de la représentation » (Talbot, The Pencil of Nature, 1844). Ses photographies regorgent de détails, depuis la texture des vignes et du mur de pierre jusqu’à celle des vêtements des hommes. Talbot enregistre aussi de subtiles variations de lumière et d’ombres. Il nous révèle la réalité dans toute son imperfection glorieuse.

Cent cinquante ans plus tard, Robin Collyer produit des œuvres numériques. Il explique : « Grâce aux nouvelles technologies, on peut modifier une image photographique à un niveau microscopique [...] Il n’est plus possible de “faire confiance” à une image photographiée » (déclaration de l’artiste, 1997). Dans cette image, Collyer révèle sa volonté d’utiliser les nouvelles technologies, mais aussi sa méfiance à leur égard. Il a scanné l’image et, au moyen d’un imagiciel, il a supprimé le texte des enseignes commerciales et équilibré les couleurs. Selon Collyer, ces subtiles manipulations rappellent la retouche. Contrairement à Talbot qui a capté la réalité avec enthousiasme, Collyer, lui, en la manipulant, apporte un commentaire critique sur la pratique photographique.