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Résumé
Portraits d'un jeune héros, deux versions du Portrait du lieutenant Provo
William Parry Wallis
par Robert Field
par Jean-René Ostiguy
English article
Page 1
Il y a neuf ans, alors
que j'étais conservateur au New Brunswick Museum, la découverte
d'une copie (voir fig. 3) d'un portrait de Robert Field (voir fig.
I) dans la collection de la Galerie nationale du Canada m'incita à
effectuer des recherches sur l'identité du personnage portraituré.
Le portrait, croyait-on, était celui du commandant John Harper
alors qu'il s'agissait en réalité du lieutenant Provo William
Parry Wallis.
Il paraît certain, maintenant, que Robert Field aurait plutôt
peint en 1813 William Parry Wallis, jeune homme de vingt-deux ans et
héros de la marine britannique qui venait de remporter une
victoire navale contre le navire américain Chesapeake. Ce
qui nous paraît si logique est pourtant resté inaperçu, même
pour Harry Piers, l'unique biographe de Robert Field. Bien sûr,
Piers connaissait l'existence d'une gravure de H. F. Davey (voir fig.
2) apparentée au portrait du lieutenant Wallis, mais il y voyait
l'image d'un tableau perdu. Or, le portrait de la Galerie
nationale a bel et bien été réalisé d'après la première
version du portrait de Wallis (voir fig. 4) aujourd'hui en la possession du révérend P.
A. M. Edlin à Weston-super-Mare en
Somerset. C'est une bourse du Conseil des arts du Canada qui m'a
permis après maintes recherches et de longues vérifications, de
trouver ce premier portrait.
Le héros y paraît plus jeune et plus ému par sa victoire que dans
celui de la Galerie nationale. Il a peut-être été peint le
premier, directement d'après le modèle, alors que celui d'Ottawa
se présente comme une version plus sérieuse. Peut-être aussi
a-t-il été exécuté plus tard comme souvenir personnel commandé
par Wallis lui-même.
Ces deux portraits, ainsi que celui présumé de Provo Featherstone
Wallis (voir fig. 5), montrent Robert Field en pleine possession de
ses moyens comme portraitiste. Ils révèlent en plus une affinité
certaine avec les portraits de Sir Thomas Lawrence alors que les
portraits en pieds, comme celui de Sir George Prévost à Halifax,
s'apparentent à ceux de Sir Joshua Reynolds.
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